Interview des Camilles pour l’ADDA

Nous sommes Camille et Camille. Nous allons vous lire un communiqué écrit collectivement par les occupant.e.s. À la demande de l’Adda 32.

1. Naissance, origine du mouvement

Nous partons d’un constat : les politiques de précarisation ne cessent de dégrader la vie sociale et culturelle de notre pays. La crise sanitaire n’a fait qu’aggraver cet état, par opportunisme et effet d’aubaine du gouvernement.
Le 4 mars dernier, un mouvement national de mobilisation du monde de la culture est né et le théâtre de l’Odéon a été le premier lieu culturel français à être occupé.

Dans le Gers, nous avons choisi le pole culturel Circa/Ciné 32. Le 17 mars, notre occupation a été votée à l’unanimité. Ce mouvement a été rejoint localement par différents secteurs en lutte, suite à notre appel à la convergence. Aujourd’hui, c’est plus de 70 structures locales nous soutiennent et adhèrent à nos revendications.

2. Valeurs, revendications défendues

Ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous.
Une réouverture des lieux culturels ne doit pas se faire sans un calendrier et des mesures adaptées aux réalités des travailleurs de la culture, les intermittents donc mais pas que. Sans culture vivante depuis plus d’un an, le constat de l’isolement social est accablant et nous mesurons ô combien celle-ci est essentielle à nos vies.
Par ailleurs, les retombées économiques du secteur de la culture sont 7x fois plus importantes que celles du secteur automobile.
Dans notre département rural, le tissu associatif culturel est dense et structurant. Comment les associations locales (écoles de danse, festivals, compagnies, etc), pourraient-elles fonctionner lorsque les aides de l’État sont aussi disparates ?
Nous constatons que de l’argent a été distribué mais nous déplorons un système a deux vitesses, qui laissera beaucoup de structures et de personnes sur le carreau.
La Réforme de d’Assurance Chômage plongera également des centaines de milliers de personnes dans une précarité accrue, dès le premier juillet. Dans un état de droit, nous nous devons d’être solidaires et ne pouvons accepter des telles injustices.
Les mouvements d’occupation permettent aux citoyens de se réapproprier les lieux, les enjeux et modes d’expressions culturels. Alliance rare entre culture et engagement revendicatif.

3. Actions, modes d’expression

Nos prises de paroles publiques et nos actions de sensibilisation servent à faire entendre nos voix et à renouer avec la population.

  • Les Happenings sur les marchés (roue de l’Infortune, déambulations mimées, chants, criées, etc)
  • Le tractage
  • Le soutien aux manifestations locales (Vélorution)
  • Les assemblées publiques

Notre occupation du Dôme de Gascogne et de Ciné 32 nous a permis et nous permet actuellement de mette en place de nombreuses actions sur place :

  • Un week-end Femmes, Culture et Précarité
  • Des concerts revendicatifs
  • Du soutien scolaire
  • Des espaces de répétitions ouverts aux artistes locaux Le tout dans un soucis de respect des règles sanitaires bien sûr mais aussi et surtout à travers un processus d’intelligence collective et de démocratie horizontale et paritaire. Vous êtes les bienvenus sur place, pour participer à nos agoras quotidiennes et AG hebdomadaires tous les midis. Nous occupons à l’intérieur pour qu’il se passe des choses à l’extérieur ! Rejoignez-nous !!